Vous êtes-vous déjà perdu sur des routes départementales qui traversent les Yvelines, la Seine-et-Marne ou les banlieues des grandes villes ? Pavillons, zones industrielles, hypermarchés décrépis, autant d’éléments qui enlaidissent les paysages français. Vous vous êtes alors perdu dans la France moche. Terme institué dans le paysage médiatique français depuis 2010, utilisé en grande partie pour mépriser les panoramas d’une France populaire et délaissée. Ni pleinement rurale, ni tout à fait urbaine, elle s’inscrit dans un non-lieu difficile à définir.
Textes et photos par Naomi Harchaoui-Loubaud


Ici, la voiture règne et façonne les paysages. Les bâtiments s’espacent pendant que les parkings rongent l’espace. Les routes deviennent l’ossature d’un territoire presque fantôme. En zone périurbaine, 8 déplacements sur 10 s’effectuent en voiture, l’urbanisation est alors pensée pour ce type de locomotion, ignorant la question du développement des transports en commun. Un modèle qui éloigne les services, renforce la dépendance automobile et engendre la disparition des espaces verts entretenus et des terres agricoles.



En zones périurbaines, les sols artificialisés ne cessent de croître. En 1982, ils représentaient 5,7 % du territoire national contre 9,5 % en 2022. Tous les ans, 52 000 hectares de terrain se retrouvent principalement détruits par la construction de nouveaux logements et de quartiers pavillonnaires. Des bâtisses identiques, construites sur un même modèle standardisé, érigées en véritable symbole de l’étalement urbain.


Tandis que les quartiers pavillonnaires s’étendent, les commerces de proximité reculent. En quarante ans, les commerces de proximité sont devenus une espèce menacée, remplacés par des zones d’activités ou des hypermarchés. Les commerces sont centralisés, éloignés des habitations, transformant la voiture en outil vital. Les anciens commerces sont délaissés, abandonnés, presque laissés en ruines.
Par Naomi Harchaoui-Loubaud






